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Performance réalisée le 19 novembre à Paris, Galerie Laure Roynette.
Dons d'empreintes réalisées en lumière inactinique.

Le contact du liquide, du papier, de la main qui pouvait s’apparenter au geste masturbatoire pourra-t-il conserver cet érotisme face à la présence intrusive de l’autre ? Le poids du regard pesant désormais sur le corps plus que sur l’image qu’il produit, l’impact de la durée forçant la répétition, le geste en deviendra froid, mécanique. Le corps en sera ramené à une simple surface. Rendre le geste visible, révéler le processus, c’est sans doute briser le charme, atténuer la sensualité du contact.

Le jeu en est d’ailleurs biaisé, puisque l’image ainsi créée, volontairement privée du passage dans le bain fixateur, est vouée à disparaitre. Datée, signée, unique, elle ne possède pourtant que le statut de trace. Elle est offerte au public qui repart avec la satisfaction d’avoir pénétré l’intimité du geste et d’en garder une image. Il saura pourtant que c’est sa présence même qui a conduit à modifier les règles et que l’image, tout comme le souvenir, finira par s’estomper…

Article de Marc Lenot sur son blog Lunettes Rouges